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  • Le mythe de la maîtrise du risque dans les sociétés modernes
    Jawad Mejjad (a cura di)

    M@gm@ vol.13 n.2 Maggio-Agosto 2015





    ÉTUDIER À L’ÉTRANGER : UNE CARTOGRAPHIE DES RISQUES

    Olga Amarie

    oamarie@georgiasouthern.edu
    Professeur de français à Georgia Southern University aux États-Unis. Responsable d’un programme d’études à l’étranger, DFL-France, dans le cadre de la même université. Sa recherche se focalise sur le groupe OULIPO, le roman, et plus récemment la nouvelle et le cinéma du XXIe siècle.

    Introduction

    Le risque est un concept complexe et changeant qui s’applique à de nombreux domaines, comme l’économie, l’industrie, l’environnement, etc. Les risques disparaissent et apparaissent, et la façon dont les gens gèrent les risques varie avec le temps. De façon générale, on peut dire que le risque est un enjeu anodin, indésirable, volatile, nuisible, mais mesurable et prévisible. C’est le centre de gravité des effets des événements mesurés par les conjonctures d’occurrence. Blaise Pascal utilise le terme expectatio (espérance) dans son texte Élément de géométrie (1657) pour qualifier le risque. Selon Christian Gollier, le risque porte sur « l’ensemble des événements possibles qui peuvent en résulter », ainsi que sur « la probabilité associée à chacun de ces événements. C’est à Jérôme Cardan que l’on doit une première définition de la notion de probabilité dans son Livre sur les jeux de hasard (Liber de ludo aleae) en 1563 » (URL : http://www.universalis.fr/). On entend par cette définition que le risque est une démarche consciente avec un certain degré d’incertitude. C’est grâce à l’analyse de Frank Knight dans son livre Risk, Uncertainty, and Profit publié en 1921, que le risque est dorénavant distingué de l’incertitude. Des synonymes de risque qu’on utilise parfois à tort sont : danger, incertitude, aléa, gravité, menace, probabilité, péril. La notion de « riscologie », qui étudie le risque et sa criticité d’un point de vue général, n’apparaît qu’en 2004 avec Georges Jousse.

    Savoir prendre des risques pour mieux construire son projet à l’étranger, cela ne s’improvise pas. Nous nous débattons avec l’incertitude sur le monde et sur nous-mêmes tout le temps. Savoir prendre des risques est un défi à l’intelligence humaine et à la résilience. Il est important de savoir, si vous avez envie de tenter l’aventure seul ou encadré. Les projets d’études ou de carrière à l’étranger sont nombreux, mais il y a des risques partout.  Ils proviennent de nos propres actes ou nous sont imposés. Le risque est donc le « barycentre » des événements à l’étranger. Magali Ballatore affirme que « Suivant leur capital économique, social et leurs aspirations, les étudiants n’évoluent pas dans les mêmes espaces, n’ont pas les mêmes univers de choix » (Erasmus et la mobilité des jeunes Européens 2). Les choix sont différents, mais ils partagent les mêmes risques. Parce que le séjour à l’étranger est aussi un vecteur des relations extrinsèques aux universités, une intervention d’autres disciplines, notamment la « riscologie », est nécessaire. Mais comment franchir ce pas de la mobilité et en diminuer les risques? Qu’est-ce qui vous en empêche? Des appréhensions  sur le voyage, la barrière de la langue, les compétences culturelles, la famille d’accueil, le manque d’information, le dépaysement, l’intégration locale, mais aussi le coût du séjour et le financement! Qu’est-ce qui peut bien motiver les jeunes du monde à venir étudier dans un pays étranger ? Est-ce l’efficacité des méthodes d’enseignement ou les équipements riches des laboratoires sur le campus ? À coup sûr, ce n’est pas le coût de la vie ou des études : « Les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir réaliser leur American Dream : 7 225 d’entre eux ont traversé l’Atlantique en 2002, pour s’inscrire dans les universités américaines. Mais le système d’enseignement supérieur américain a aussi ses travers : une sélection sévère et des tarifs prohibitifs » (Bien choisir sa formation internationale 131).  Pourtant, les avis de ceux qui sont partis sont unanimes: c’est une expérience enrichissante et indispensable tant sur le plan humain que professionnel! Pas besoin d’être un expert en économie pour se rendre compte que la mondialisation a changé le marché de l’emploi. À l’heure du marché international, on ne peut plus envisager son avenir restreint à son propre pays. Alors, n’hésitez plus: renseignez-vous bien et partez! Les risques vous feront grandir! Le gain est substantiel, car les études internationales sont génératrices d’emplois!

    L’intégration et la compétence culturelle sont de nos jours des qualités très prisées par les dirigeants d’entreprise. En effet, la concurrence sur le marché de travail devient de plus en plus mondialisée. Il faut prouver ainsi qu’on se sent bien à l’aise dans un contexte international et qu’on a un désir de travailler à l’étranger. Vaste ou petite, une période de vie à l’étranger sera donc forcément remarquée sur un CV par un patron. De l’avis de beaucoup, quelle que soit la matière, l’exploration transfrontalière est même devenue aujourd’hui inévitable. Partir est obligatoire, même pour des domaines juridiques ou médicaux, où cela ne semble pas évident. Les directeurs d’entreprise exigent de plus en plus au moins une expérience à l’étranger pour construire leurs équipes multiculturelles. Selon une étude réalisée par l’OURIP (Observatoire universitaire régional de l’insertion professionnelle) [1] la mobilité internationale rend les conditions d’insertion professionnelles plus avantageuses. En effet, 66 % des participants ont accédé promptement au premier poste, contre 59 % des non-participants. Pour ne pas mentionner le salaire qui est plus élevé chez les participants (Étudier et travailler à l’étranger 9). Selon Accountemps [2], 78 % des responsables des ressources humaines et directeurs financiers avouent d’être disposés à recruter un postulant ayant une formation à l’étranger, et 44 % seraient déterminés à les rémunérer davantage (Étudier et travailler à l’étranger 9). La CGE (Conférence des grandes écoles) avoue que les salaires des jeunes diplômés embauchés à l’étranger sont 20 % plus élevés que ceux perçus dans le pays d’origine (Bien choisir sa formation internationale 14).

    Méthode d'analyse des risques

    Comme méthode d’analyse des risques nous avons utilisé le dialogue individuel collectif répondant point par point aux exigences des étudiants. C’est une norme à l’internationale facilement applicable car pragmatique. Le but de cette méthode est de faire les étudiants parler et d’identifier les risques qui les menacent. Cela consiste à faire une liste de tous les éléments clé en matière de risque, de recenser les plus importants d’entre eux, d’estimer les niveaux de risque, et d’analyser les impacts. Cette liste est loin d’être exhaustive, mais elle nous aide à former et à sensibiliser les étudiants. Elle nous aide aussi à établir un plan de traitement des risques et à les gérer correctement. Nous avons interrogé les étudiants de Georgia Southern University aux États-Unis, qui ont participé au programme de DFL-France en 2015 pendant leur séjour à Bordeaux et à Paris, comment ils ont géré toutes sortes de risques. L’avantage de ces données est de laisser les étudiants parler au moment même où les difficultés financières et morales les envahissent, période clef pour cette étude. L’enquête du terrain s’est faite par entretien en anglais et en français, en incitant davantage les étudiants à relater leurs problèmes. Les entretiens ont duré entre cinq et dix minutes dans la rue, à l’Alliance Française Bordeaux Aquitaine, pendant ou après des activités culturelles à Arcachon, à Saint-Emilion, au Château du Taillan, à la base sous-marine de Bordeaux, au musée d’Aquitaine, etc. Pour chaque terrain d’enquête, nous avons écouté les échanges verbaux entre des étudiants internationaux, pour avancer des propositions plus générales à partir d’un groupe concret. Par la suite, nous les avons questionnés sur leurs pratiques d’achats à l’étranger, mais aussi dans leur propre pays. Enfin, nous avons recontacté quelques étudiants après leur séjour, pour connaître comment ils s’en sont sortis, ceux ou celles dont le budget était très faible. Les discussions de manière récurrente ont permis de neutraliser l’effet d’intrusion dans la vie étudiante. Nous avons pris du recul, de la distance même, car toute intrusion se manifeste par un regard subjectif. À plusieurs reprises, nous avons essayé de donner des conseils en tant qu’observatrice et responsable du programme.

    Évaluation des risques

    À travers cette étude, nous espérons avoir réussi à détailler des risques à l’étranger vus par le prisme étudiant. Nous désirons ainsi démontrer la pertinence d’un questionnement sur les risques à l’étranger inégaux, qui rendent les expériences de mobilité bien discordantes. Dans cet article, vous trouverez des questions essentielles à vous poser du départ au retour et un aperçu des risques et des challenges à relever aujourd’hui et demain, offrant aux lecteurs une grille critique de lecture leur permettant de viser la bonne attitude à adopter en adéquation avec les risques et la capacité à les gérer. Au-delà des raisons personnelles, quels sont les facteurs influant les étudiants à partir? Quels sont les principaux risques d’une formation à l’étranger: la barrière de la langue, la culture différente, le changement d’environnement, la valorisation d’un diplôme ou d’un autre document, l’intégration professionnelle, l’organisation du travail, l’éloignement de la famille et des ami(e)s, le logement, les témoignages faux, l’orientation psychologique, le manque de promotion de la mobilité? Le plus important, selon les résultats de cette analyse, est le manque d’aide financière. Bien que plusieurs études à l’étranger s’appuient sur un principe de mutualité des échanges, le remaniement d’un certain nombre de contraintes financières et économiques rend leur estime ésotérique. Parmi les études statistiques sur les programmes à l’étranger, très peu se penchent sur la lutte financière pour la survie quotidienne. Nous vous donnons aussi quelques conseils pour préparer votre séjour dans les meilleures conditions financières.

    Étudier à l’étranger est une question de choix personnel et l’appréciation des différents risques est hautement subjective. En plus, la démarche individuelle est loin d’être systématique. La majorité des participants s’accordent à dire qu’elle est difficile, tortueuse, et pleine de risques potentiels. Le risque persiste dès lors que sa probabilité d’occurrence n’est pas réduite. Toutefois, cela ne doit pas décourager les jeunes, car étudier à l’étranger est une science qui se transmet peu à peu de l’expérience des autres. On apprend sur la façon dont les étudiants gèrent les risques, afin que les futurs participants puissent mieux comprendre la psychologie de l’autre et la leur.

    Les risques des études à l’étranger ont pour origine les conditions financières, les décisions personnelles ou bien encore celles du groupe. Lorsque les étudiants prennent un risque, ils se lancent dans une action avec un espoir de gain ou une crainte de perte. Les risques peuvent se déclencher dès le premier jour à l’étranger et être la cause des mésaventures entraînant des victimes et des pertes matérielles importantes. Le gain espéré peut être la bourse obtenue, la reconnaissance d’un diplôme, la progression professionnelle, l’enrichissement culturel, ou simplement la satisfaction de voyager à l’étranger. La perte peut être le temps investi, l’argent, la frustration de la communication, la baisse d’activités sociales. Les risques comprennent le voyage, la famille d’accueil, les dépenses exagérées. Ils sont souvent associés aux menaces auxquelles sont exposés les étudiants. En réalité, les risques sont toujours liés à l’action humaine. Ils sont donc liés aux manipulations, aux dangers, aux intentions malveillantes. Pour anticiper un scénario à risque, il faut tout d’abord connaître les risques auxquels on est les plus exposés. Les situations à risque découlent le plus souvent de la présence d’un danger qu’il faut savoir identifier. Il est donc nécessaire de s’appuyer sur les facteurs de risques (les finances, les documents, le logement, la communication) pour estimer le danger potentiel auquel ils pourraient être confrontés. C’est pourquoi nous avons mis à disposition des étudiants des outils (renseignements, documents signés, numéros de téléphone, adresses utiles) afin d’identifier les risques près de chez eux.

    Prendre des risques

    Même sans connaître des situations intenses, la capacité d’adaptation sera mise à une épreuve rigoureuse. Tant mieux! C’est ce qu’on va faire valoir au retour. En revanche, tout ce que l’on aboutit à faire c’est grâce à soi-même intégralement. Quelles sont les raisons pour lesquelles les jeunes prennent ces risques? Pour commencer, voici la liste des raisons les plus régulièrement citées par les jeunes à l’étranger. Selon les résultats de la recherche, la première, et la plus authentique,  c’est l’accès à une certaine autonomie financière. Ensuite, l’autonomie familiale et résidentielle. Les jeunes veulent prendre un peu de distance par rapport à leurs familles. La troisième raison est de prendre un peu de distance de soi-même et de son pays, et donc d’avoir d’autres valeurs et références culturelles. Sans être à visée touristique, les études à l’étranger permettent d’explorer une nouvelle culture de l’intérieur. C’est le pivot régulier de la remise en question qui pousse les jeunes en avant. Ils veulent se détacher de leur propre prison et se lancer dans le nouveau, dans l’inconnu. C’est sur la forte pulsion de vie, de découverte, et de voyage que s’appuie le départ à l’étranger. Il s’agit en effet de s’expliquer et d’en tirer les profits et les pertes de ce choix. La quatrième, et la plus concrète, est l’acquisition d’autres méthodes de travail et de savoir-faire. Par exemple, aux États-Unis, il y a beaucoup de pression pour faire de la recherche et les nouvelles idées sont appréciées à leur juste valeur. On y apprend à aborder les problèmes honnêtement et directement. Et c’est un pays très en avance sur le plan des nouvelles technologies. C’est cette particularité, qui, pour beaucoup, fait la prospérité des compétences. Enfin, d’un point de vue plus pratique, la cinquième permet un perfectionnement linguistique et professionnel à la fois. C’est l'étape la plus enrichissante du séjour.

    Risques et période du séjour

    Bien choisir le moment du départ et surtout la durée du séjour sont deux points importants avant le départ. Les jeunes ne saisissent pas l’opportunité des études à l’étranger par crainte d’être freiner dans leur progression sûrement, et parce qu’ils ne se sentent pas prêts en ce moment-là. Partir pendant la première année d’études s’avère difficile, voire irréalisable. Erasmus exige deux années d’études avant de partir. Avant toute chose, il est nécessaire que les étudiants aient un certain niveau de langue étrangère (A2…) dans leur propre cursus pour pouvoir se confronter à des études à l’étranger. À partir du moment où l’étudiant connaît son propre système universitaire, il a plus de chance de comprendre celui d’un pays étranger. La formation à l’étranger si on peut la faire sur une plus longue période, c’est encore mieux, car il faut un certain temps pour s’accommoder, se construire un réseau, et maîtriser la langue. D’un point de vue linguistique, un semestre s’avère insuffisant pour parler et écrire correctement dans une langue étrangère.

    Risque pays

    Les partants à l’étranger voient un risque dans le choix du pays, dans la destination. Tellement que les Finlandais sont droits et rigoureux, les Australiens sont amicaux et relax, en France, les rapports sont très institutionnalisés. Voici quelques-uns des stéréotypes véhiculés parmi les étudiants. Le risque pays désigne ici les dangers spécifiques à un pays, qui peut poser un problème pour la continuité des études à l’étranger : actes terroristes, guerre, catastrophe climatique, crime, etc. Au sens strict, le risque pays est a minima, mais il faut toujours rester vigilent aux changements politiques et environnementaux. Ce type de risque est faible ou haut, selon l’échelle de Turin [3]. On dira que le risque est normal ou faible dès le niveau 1 pour certains pays et plus fort à partir du niveau 10 pour d’autres. Il faut pour cela estimer la vraisemblance des risques et leurs probabilités d’occurrence. Les Ambassades avertissent leurs citoyens à l’étranger en cas d’urgence, si vous les contacter. Les étudiants ne doivent pas perdre de vue qu’il s’agit d’un séjour d’études, et non d’un séjour touristique, à moins qu’ils fassent des études culturelles ou architecturales sur une ville spécifique. Il est vrai que certains pays sont plus prisés que d’autres. Les États-Unis, l’Angleterre, l’Australie arrivent en tête de liste, suivis par la France, l’Espagne, et l’Allemagne. Comme les pays anglophones sont très privilégiés, il y a toujours la possibilité des pays européens nordiques tels que le Danemark, la Suède, la Finlande, les Pays-Bas, qui accordent également des cours en anglais.

    Risque financier

    Le risque financier est trop global, trop complexe, ou est susceptible de persister à long terme, de sorte qu’il est difficile à observer et à structurer ; c’est encore pire, si vous êtes étudiant à l’étranger. Il est perçu par les étudiants comme impraticable à gérer, à cause des fluctuations de change et des déséquilibres de prix. Ils ne parviennent pas toujours à obtenir le soutien économique nécessaire, en l’absence d’un dispositif universitaire de protection. Dans ce cas, pour survivre, les étudiants ont habituellement une certaine aversion au risque. Ils développent une tolérance ou une attitude de neutralité envers celui-ci, surtout quand il s’agit d’un groupe d’étudiants à l’étranger. Ils préfèrent un laisser-aller dans la gestion du risque financier qu’une rigueur trop rigide et aléatoire en même temps. Toutefois, le groupe peut servir de conseiller aux individus qui se trouvent en incapacité financière. En général, la perception du risque et sa prise en compte dans l’organisation du budget sont plus efficaces dans une collectivité qu’individuellement. Avant le départ, il est impératif d’établir un budget prévisionnel par rapport aux ressources nécessaires. Si on ne le fait pas, on risque d’être asphyxié par la faillite, l’humiliation, ou la dette (Annexe 1). Il n’y a pas de petites économies, comme dit un proverbe français. En effet, aucune économie n’est modique. Il faut bien prévoir son budget.


    Annexe 1: Caricature d’un étudiant faisant l’aumône by Dragos Amarie

    Selon une étude réalisée par l’Agence Socrates-Leonardo da Vinci [4] en 2003 à Marne-la-Valée, le coût du voyage, des études, et de la vie est souvent le principal obstacle de la mobilité (URL : http://www.agence-erasmus.fr/). Pourtant, les aides financières sont nombreuses et souvent non attribuées, faute de demande. Toujours selon l’Agence Socrtes-Leonardo da Vinci, seuls 10 % des participants à l’étranger ont été dans l’impasse financière sur le terrain. Les autres 90 % bénéficient de l’indépendance ou de la dépendance financière envers leurs parents. Léopold Kahn affirme que d’un point de vue financier le départ à l’étranger est plus dur pour les parents que pour les enfants (Bien choisir sa formation internationale 26). Ne pas prévoir son budget est une des complications les plus inquiétantes pour les parents. En corollaire de l’observation précédente, il faudrait tenir compte du fait que certains parents exagèrent dans leur fascination pour le risque maximum.

    Avant le départ, pour minimiser ce type de risque, il faut dans un premier temps essentiellement contacter sa banque pour demander des renseignements et des conseils sur les cartes de crédit, les chèques de voyage. Un faible niveau de langue ne représente pas un frein au départ, mais un faible budget oui. Pour un long séjour, il vaut mieux ouvrir un compte sur place, de préférence dans une banque partenaire de la vôtre. C’est plus pratique, si vous percevez un salaire sur place. En cas de besoin urgent d’argent, certains organismes effectuent des transferts express.

    Les frais de scolarité diffèrent d’un pays à l’autre et c’est un fardeau particulièrement accablant à l’heure actuelle. De plus, les programmes de médecine et de droit peuvent coûter des sommes excessives par année. Mais qui ne risque rien n’a rien. Le risque est un bien nécessaire, si l’on veut une profession. Cette notion de risque est très marquée par l’ancien concept d’utilité. De tels frais de scolarité, comme aux États-Unis ou au Canada, risquent de ne pas attirer des étudiants érudits des pays étrangers. C’est un fardeau injuste et un obstacle à la bonne éducation des jeunes. Par contre, après l’âge de soixante ans, aux États-Unis, les frais de scolarité sont annulés. Les institutions d’enseignement supérieur savent que les frais de scolarité différentiels sont insensés. Cependant, vu que les jeunes participent peu à la vie administrative et politique, on les perçoit comme des cibles faciles. Beaucoup d’établissements supérieurs sont libres à exploiter les étudiants pour générer des revenus par-dessus les dépenses de fonctionnement.

    Comme l’indique la Fédération Canadienne des Étudiantes et Étudiants [5], les frais de scolarité en 2013 pour un étudiant canadien à temps plein étaient de 5 772 dollars canadiens en moyenne, tandis que pour un étudiant non canadien, ils étaient de 19 514 dollars canadiens : « Les personnes venues d’autres pays pour étudier au Canada sont probablement les plus désavantagées, puisque les gels des frais de scolarité s’appliquent rarement à elles. Leurs frais de scolarité sont typiquement le triple des frais payés par les étudiantes et étudiants canadiens » (URL : http://cfs-fcee.ca/ ).

    Dans les universités américaines, les frais de scolarité pour des cours à l’étranger sont doublés, avoue un étudiant américain à l’Alliance Française Bordeaux Aquitaine. Pour six crédits de cours, les étudiants paient l’université américaine et l’institution étrangère privée pour les mêmes cours. En principe, les accords de partenariat ne prévoient pas de renverser des frais de scolarité supplémentaires à son établissement d’accueil. Toutefois, certains établissements exigent une contribution financière, surtout pour les écoles américaines privées et publiques. De plus, les frais de scolarité aujourd’hui excèdent de façon générale le paiement de la plupart des familles. Dans l’avenir, si les coûts de scolarité continuent à augmenter, seuls les plus opulents pourront accéder à l’éducation. Ce serait un effet néfaste pour les familles économiquement pauvres et la diversité intellectuelle, culturelle, et sociale. Aussi, la présence de cette variété intellectuelle et culturelle aide à raffermir les relations entre le pays cible et les autres nations. La situation s’aggrave pour les étudiants avec un visa d’études qui n’ont pas le droit de travailler à l’étranger. Grâce aux pressions publiques, ces restrictions ont été assouplies au Canada, mais elles restent inchangeables quand-même aux États-Unis. Cet assouplissement au Canada est perçu par certains présidents universitaires comme une invitation à augmenter davantage les frais de scolarité. C’est la loi des risques sériels.

    Sur une note positive, les programmes d’échanges ou de cursus intégrés sont nombreux et offrent le choix des destinations et la gratuité des droits d’inscription. Vous pouvez grâce à des programmes spéciaux tels que Erasmus, Comenius, quelques collectivités locales (conseils régionaux, généraux, communes), Explo’ra sup, Centre de coopération interuniversitaire franco-québécoise, UFA (Université franco-allemande), The French American Foundation, Mission interuniversitaire de coordinations des échanges franco-américains, MICEFA (Mission interuniversitaire de coordination des échanges franco-américains), ou ISEP (International Student Exchange Program) bénéficier d’une bourse mensuelle. En 2015, la bourse pour le programme ISEP aux États-Unis s’établit à 1 000 dollars américains par an (URL : http://www.isep.org/). Si les frais semblent élevés, ils sont cependant inférieurs à ceux dépensés par un étudiant américain sur place.

    L’UNESCO publie Études à l’étranger où se trouve la liste complète des bourses que vous pouvez obtenir dans l’ensemble des pays du monde. Cette liste est aussi disponible sur le site Internet www.unesco.org. Laurence Merland affirme que : « L’avantage d’intégrer une formation internationale en France, c’est que les périodes d’études ou de stages sont reconnues et validées et que les aspects logistiques (logement, bourse…) sont en partie pris en charge par votre établissement. Malgré tout, il vous faudra quand même faire preuve de volonté et de dynamisme pour organiser votre séjour (programme de cours, financement…) et de bonnes capacités d’adaptation… Car, même bien préparé, un séjour ou un stage à l’étranger reste une expérience ou une aventure… (Bien choisir sa formation internationale 8) ».

    Si vous choisissez de partir par vous-même, vous ne bénéficierez pas forcément d’une bourse d’études, vous paierez plus pour les droits d’inscriptions, et vous ne pourrez pas toujours faire reconnaître les diplômes à votre retour dans le pays d’origine. Le montant de la bourse varie selon la destination choisie. Les modes de financement les plus courants sont les bourses versées dans le cadre des programmes d’échanges, ou celles destinées à de jeunes chercheurs. Mais attention, l’allocation n’est pas systématisée et elle ne couvre pas tous les frais du séjour. Cette allocation est doublée pour certains pays européens moins privilégiés par les participants. Si la bourse mensuelle s’avère insuffisante, il y a toujours des bourses (départementales, régionales, CEOUS, etc.) sur des critères sociaux. C’est impossible à garder son désir de partir alors que les nombreuses lettres de bourses traînent sans réponse. Même avec une bourse, le voyage est normalement toujours à la charge de l’étudiant. Néanmoins, certains établissements peuvent faire des réservations de billets d’avion ou de train, afin que vous puissiez bénéficier d’un tarif réduit.

    Le coût de la vie dépend non seulement du pays mais aussi des participants. Les Américains consomment beaucoup, mais ils sont programmés pour penser ainsi, puisque dans leur pays les magasins se plient à leurs demandes. Les retours de marchandises sont acceptés, mais pour beaucoup de pays ils ne le sont pas. La carte étudiante n’est pas obligatoire, mais elle est très utile. Elle vous permet d’obtenir des réductions de prix dans de nombreux transports, musées, monuments, auberges de jeunesse. Pour construire son budget, il ne faut négliger aucun poste de dépenses. Il faut toujours prévoir une bonne somme d’argent sur le compte bancaire, car beaucoup d’allocations ne sont versées qu’en fin de séjour ou pour une période de trois ou douze mois. En effet, les rigidités de la comptabilité administrative dans beaucoup de pays sont telles que l’argent peut rester coincé plusieurs mois entre les différents intermédiaires chargés de verser la bourse. En général, les étudiants toucheront leur bourse deux ou trois mois après leur départ. Certains préfèrent dépenser trop d’argent en logement, tandis que d’autres veillent à n’en pas dépenser de montants trop élevés. Si vous dresser un budget du logement au début de la préparation du séjour, vous ne risquerez pas de vous ruiner. Les responsables des études à l’étranger avertissent les participants que le logement en famille d’accueil coûte moins cher et c’est plus confortable. Mais nombreux sont ceux qui ont eu des difficultés avec leur famille. C’est un risque autant pour la famille que pour les étudiants. Des machines à laver cassées, mauvais usage des douches et des appareils électroniques, tapis ruinés, salubrité des salles de bains, etc. Le coût des réparations tombe souvent sur les étudiants, s’ils en sont responsables. La plus sûre méthode de logement, selon les étudiants, est la cité universitaire, où ils peuvent apporter leurs propres appareils et ne pas dépendre trop d’une famille d’accueil. Les étudiants des pays étrangers sont souvent prioritaires dans l’obtention d’une place dans la cité universitaire, mais la colocation ou la famille d’accueil peuvent être plus avantageuses.

    En ce qui concerne l’Europe ou l’Amérique, nombre d’étudiants cherchent du travail sur place afin de mettre de l’argent de côté. C’est une expérience valorisante, qui apporte beaucoup, si vous trouvez que vos fins de mois risquent d’être un peu trop lacunaires. À condition que cela ne vous empêche pas de fréquenter les cours et les activités culturelles prévues par le programme. Et, à part l’aide financière, le petit job permet de dépasser la barrière de la langue et d’améliorer les facultés communicatives. De même pour les transports, si vous prenez un taxi trop souvent, vous dépenserez inutilement des sommes exorbitantes. Animée du désir de ne pas trop dépenser, une étudiante américaine fabrique ses propres cadeaux pour ses ami(e)s et sa famille d’accueil à Bordeaux (Annexe 2 et 3). Pour ne pas épuiser une trop grande part de l’argent familial sur elle-même, l’étudiante américaine a mis de côté tout ce que sa famille devait payer en cadeaux pendant les trois dernières années précédant son départ. Cela lui a permis de bien évaluer le coût du logement, de la nourriture, des sorties, des visites, et du voyage pour rester six semaines en France et obtenir neuf crédits de cours validés.


    Annexe 2: Aubrey Ricketson

    Les soins médicaux coûtent chers dans les hôpitaux étrangers, surtout aux États-Unis. Il faut toujours contracter une assurance maladie pour obtenir des remboursements. Dans le cas contraire, les tarifs seront exorbitants. L’assurance maladie ajoute une dimension supplémentaire qui en quelque sorte annule ou compense les conséquences du risque en cause. On affirme que chaque année, seulement la moitié des patients étrangers parviennent à régler la facture. Le site du Comité d’informations médicales (URL : www.cimed.org) offre beaucoup de renseignements sur l’état sanitaire de différents pays du monde. De surcroît, pour quitter son pays avec des animaux familiers, il faut apporter des certificats de vaccinations. Tout compte fait, avant de quitter le pays d’accueil, il faut se mettre en règle avec l’administration fiscale, c’est-à-dire lui payer les impôts, les dettes, et les amendes dues, sinon on risque de payer plus dans l’avenir ou avoir des restrictions de voyage dans le pays d’accueil.


    Annexe 3: Aubrey Ricketson

    Risque moral ou de communication

    Toute contingence, toute activité peut déclencher un événement bienfaisant ou néfaste. Le risque moral est défini ici par la probabilité de répétition de cet événement et par l’ampleur de ses conséquences. La perception du risque moral peut être assujettie ou exagérée par des facteurs subjectifs, propres à chaque être humain, et même par des facteurs culturels ou circonstanciels propres à des groupes sociaux. Ces discernements diffèrent nécessairement d’un étudiant à un autre, d’un professeur à un étudiant, d’un parent à un enfant. Il peut d’ailleurs exister une discordance d’évaluation entre les étudiants et les responsables, ces derniers ayant une vision nécessairement plus pragmatique. Ainsi, à l’étranger, on prend toujours le risque de ne pas se construire un réseau de relations. Les jeunes prennent plaisir à se faire un univers, mais ce n’est pas toujours facile. On a souvent une vision étriquée de la vie hors frontières. De plus, certains malheurs ou expériences marquantes peuvent ébranler des personnes fragiles ou très jeunes. Il ne faut pas comparer en permanence avec son pays natal. Il faut accepter le pays et les étrangers tels quels et se construire un nouveau bagage de connaissances. Il faut toujours mettre l’accent sur l’intégration, sur l’adaptation à un autre environnement, et le fait de la distance est difficile à endurer. S’éloigner de sa famille et de ses amis affecte le moral des étudiants. D’autant plus, ils ne rentrent pas souvent à cause de la distance entre les deux pays. L’Australie, par exemple, est à plus de 20 heures en avion des États-Unis, et le billet d’avion coûte très cher. Le soutien affectif leur fait souvent défaut. La difficulté est souvent de quantifier les probabilités et les conséquences des risques. C’est simple dans certains cas concrets, comme pour l’hébergement, les courses ; il est en revanche plus compliqué de peser la probabilité d’occurrence de situations morales et de calculer les conséquences en général : quel nombre mettre derrière une difficulté professionnelle, un décès d’un ami, une atteinte morale, un malentendu ?

    La communication dans une autre langue n’est pas sans risque, comme le montre cette étude sur la communication dans le cadre du séjour à l’étranger. Les étudiants parlent, mais le sens de leurs paroles n’est pas toujours précis. Il y a des malentendus avec l’institution, la famille d’accueil, les étudiants internationaux, les vendeurs, les locaux, etc. Ce qui est en jeu ici, c’est l’image de l’université qu’ils représentent. Devant la multiplication et la complexification des malentendus, le risque de réputation et d’éthique vis-à-vis des parties prenantes, doit de plus être intégré par les responsables du programme dans la préparation du groupe (réunions, visites des cours, foires des études à l’étranger, heures de permanence, etc.). Il doit être pris en compte dans l’analyse des risques potentiels, et traité par un dialogue constant avec les participants.

    Pour ne pas se concentrer que sur les impacts négatifs, il faut trouver une moyenne pondérée entre les conditions de pertes et de gains. Le risque « aryétique » [6] est dangereux pour le moral des étudiants. On a tendance à se concentrer sur les conséquences négatives et non sur le risque réel. Il est important d’en être toujours conscient, prudent, et conservatif. Pour que la perception du risque ne soit pas paralysée par des phénomènes négatifs, il est tout à fait souhaitable de créer une modélisation de veille. Conjointement à la prise d’action, la gestion du risque doit se reposer sur l’anticipation et la mesure des risques, ainsi qu’à la mise en place d’une grille d’observation et de collecte systématique d’expériences pour soulever des signaux le plus tôt possible. Avec ce système d’alertes, on peut facilement coupler le risque aux objectifs de l’emploi du temps et de l’organisation. Cela obligera l’étudiant à mieux peser le pour et le contre des risques et à prendre des décisions rationnelles.

    Risque juridique

    Dans le contexte de la mondialisation, le risque juridique est l’éventualité d’un scénario incertain, ne dépendant pas nécessairement de la volonté des parties impliquées, et pouvant causer un préjudice physique ou moral, comme le vol d’argent, de portable, d’information confidentielle, de coordonnées bancaires, ou tout autre activité illicite. Les réformes ou les changements fréquents, dans le pays d’accueil, créent des insécurités juridiques. Pour cela, il faut les identifier puis les expliquer aux étudiants. C’est un risque à prendre en compte sérieusement quand on voyage. Dans ce domaine, on parle autant de sûreté que de sécurité.

    Partir est particulièrement judicieux, car au début la vie à l’étranger va d’étonnements en explorations, et parfois en mésaventures et déceptions. Partir à l’étranger, c’est aussi faire face à des insécurités juridiques qu’on n’a pas dans son pays d’origine, comme par exemple le système administratif. Peu de participants savent avant de partir comment fonctionnent l’assurance maladie, la retraite, les lois en général. Dès qu’on a un inconvénient juridique, les choses se complexifient. On est beaucoup plus vulnérable dans un pays étranger. C’est important de mettre à la disposition des participants des savoirs et des moyens juridiques, pour apprendre à mieux connaître les risques et ce qu’ils provoquent. Des précautions et contre-mesures doivent être envisagées en fonction des vulnérabilités propres au contexte à l’étranger. Un pareil système d’information apportera service et appui aux participants. Les jeunes, surtout, sont beaucoup plus exposés à  des menaces législatives, parce qu’ils sont coupés de leurs amis ou de leur cocon en général.

    Pas question d’entreprendre un voyage à l’étranger, si vous ne préparez pas votre dossier. Ne pas perdre de vue non plus que certains actes du dossier doivent être traduits et légalisés. Il peut s’agir de certificat de naissance, passeport, carte d’identité, visa, carte d’assurance maladie, ordonnance médicale, permis de conduire international, diplôme, certificat d’admission, contrat, permis de travail, acte d’état civil, casier judiciaire, acte bancaire, une preuve de ressources suffisantes, etc. Dans le film français L’Auberge Espagnole, Xavier fait face à toute la bureaucratie du système administratif avant son départ pour Barcelone. Pour séjourner en règle et ne pas risquer de complications une fois sur place, il est raisonnable d’amasser en amont tous les documents nécessaires. Précaution à prendre, un visa de tourisme ne donne pas le droit d’étudier ou de travailler. Ne pas respecter cette interdiction équivaut à risquer l’expulsion du pays d’accueil.

    Risque du retour

    En Espagne, Xavier trouve une auberge dans le centre de Barcelone qu’il partage avec sept autres personnes originaires d’un pays différent. Ce n’est pas cher. Pourtant, choisir comme logement la plus chère formule dans un quartier somptueux ou dans une villa au bord de la mer peut être charmant, mais très coûteux. Cette prétention exigeante ou arrogante d’être toujours servi, d’avoir du personnel de maison n’est pas toutefois sans risque. Le risque est notamment au retour. Si vous changez complètement de mode de vie, la réinsertion sera très compliquée. Ceux qui se sont déjà confrontés à cette réalité témoignent de la complexité du retour, vécue souvent comme un nouveau départ. La gestion du retour doit être prise au sérieux. Ainsi, lorsque l’on regarde le personnage de Klapisch de L’Auberge Espagnole, par exemple, on constate que le retour au pays d’origine, un nouveau départ se prépare. Ce risque résiduel est donc de se sentir comme un étranger dans son propre pays. Car lorsqu’on part pour un long séjour, on a tendance à mieux planifier, à faire beaucoup plus de préparatifs. Le dépaysement est pris en calcul et recherché. Néanmoins, plusieurs présument que le retour sera facile, alors que le rapatriement demande aussi une période de réadaptation. Les voyageurs sont souvent abattus à leur retour, parce qu’ils épuisent tous leurs fonds et rentrent quand ils ne possèdent  plus rien. En revanche, faire trop d’économies peut nuire aussi. Ne pas pouvoir se tenir avec ses amis dans leurs sorties, devenir replié sur soi-même ajoutent au choc et au sentiment d’éloignement. Cette discordance entre les attentes au retour et la réalité peut entraîner parfois un ensemble de manifestations étranges qui font partie de ce qui est appelé « le choc du retour ». Cette détresse peut donner lieu à des métamorphoses significatives. On pense toujours à l’argent. On a plein d’obligations. Tandis que là-bas chaque moment était intense et plein de vie. Plus le séjour est long, plus le pays d’accueil est difficile à quitter. L’institution risque de perdre alors tout l’argent qu’elle a investi en cette personne, qui a du mal à s’adapter dans son propre pays.

    Bilan

    Pour évaluer et minimiser les risques des études à l’étranger, notre démarche consiste à : identifier les risques notables et leur capacité de récurrence, critiquer et réduire les menaces, prévenir et traiter les risques potentiels, vérifier l’efficacité des méthodes de protection. À partir d’un programme concret, nous avons mis en œuvre une cartographie des risques, étape difficile dans un contexte large avec des ressources limitées en argent, temps, et compétences. Nous avons aussi suggéré des conseils, des solutions, des protections, et ainsi apporter la confiance aux parties prenantes. Pour traiter les risques identifiés, nous avons proposé aux étudiants de communiquer constamment avec les responsables, d’éviter le risque si c’est trop périlleux, de transférer le risque comme est le cas de l’assurance maladie, de réduire le risque pour le rendre plus acceptable si les répercussions sont faibles. Enfin, nous avons pris en compte des mesures complémentaires pour minimiser les risques de retour.

    Bibliographie

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    Viviani, Jean-Laurent. « Incertitude et rationalité ». Revue française d’économie. Vol. 9, no 2. 1994 : p. 105-146.

    Notes

    [1] L’OURIP n’existe plus depuis 2006.

    [2] Accountemps est une agence d’emploi dans le domaine financier créée par Robert Half.

    [3] L’échelle de Turin catégorise de 0 à 10 les impacts des objets astronomiques avec la Terre. Elle a été inventée par Richard Binzel à Massachusetts Institute of Technology, dans le département des sciences planétaires, et présentée à Turin en Italie.

    [4] L’Agence Erasmus+ France / Education Formation remplace les anciens programmes Socrates-Leonardo da Vinci, Erasmus, Comenius, et Grundtvig.

    [5] La Fédération Canadienne des Étudiantes et Étudiants, dont le bureau national se trouve à Ottawa, est la plus grande organisation étudiante au Canada, fondée en 1981.

    [6] « Aryétique » provient du mot grec aryéticos qui signifie négatif.



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    M@gm@ ISSN 1721-9809
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